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Changer de politique ne se pourra qu'avec de nouveaux électeurs... ou de vrais citoyens

La démocratie ne peut nous donner encore plus de pouvoir qu'à la condition que nous la dynamisions, en exigeant que la Constitution soit pensée et écrite par les citoyens eux-mêmes, et en refusant qu'elle le soit par les riches qui l'utiliseront pour se protéger des exigences et des contrôles du peuple. Cela ne se peut qu'en participant activement à la vie citoyenne et politique et en créant des liens sociaux, forts et constants, pour faire la différence entre une vraie démocratie et son simulacre.

Le programme de base des régimes antidémocratiques et néanmoins présenté comme étant démocratiques : cloisonner le citoyen, le modeler, lui refuser toute pensée personnelle, tout réel pouvoir de décision et de changement, le surveiller, l'abêtir, l'endoctriner, le réduire, l'utiliser, l'abrutir, le sacrifier. A outrance, à l'infini. 

L'originalité d'une vraie démocratie ? Ne pas attendre le pire pour commencer à préparer l'avenir. Ce qui impose que nous nous voulions vrais citoyens et non plus uniquement électeurs… Mieux que le vote : le tirage au sort sans candidats présélectionnés ou la démocratie directe. S'abstenir de vouloir atteindre cette liberté fondamentale c'est abdiquer notre dignité, notre bon sens, c'est renoncer à notre capacité à changer un tant soit peu notre société. Pour y croire, il faut se souvenir du fonctionnement des fausses démocraties pour nier la légitimité de leurs pouvoirs aux politiciens.

La ré-écriture de l'Histoire, l'absence de repères éthique, civique et d'apprentissage au respect entraîne nos enfants à imiter un monde en perpétuelle guerre - guerre politique, guerre militaire, guerre économique, guerre sociale - avec ses actes indignes, crapuleux, égoïstes, inhumains. Tous comportements qui leur semblent devoir être la seule réalité, fatalement, l'unique solution possible. Toute bergerie peut cacher un loup. Ainsi, parmi la plupart des politiciens qui se prétendent dévoués au bien commun se dissimulent une grande majorité de faux démocrates. Les pacifistes hébergent aussi de faux hommes de paix. Parfois on y trouve un humaniste désintéressé. Rien n'est parfait.

C'est pourquoi une démocratie digne de ce nom est plus que jamais vitale à la pérennité de notre civilisation, et à besoin de la méfiance, de la vigilance, de l'attention et de l'implication quotidienne, volontaire et enthousiaste de la plus grande partie de la population.

La pleine satisfaction, le bonheur total, la félicité permanente, l'entière béatitude et la sécurité à jamais ne sont d'aucun monde, dans aucune possession matérielle, aucun parti, aucun régime politique, aucune idéologie, aucun dogme. Une saine démocratie - dont nous avons tout à réapprendre - permettrait au moins d'y rêver le plus confortablement du monde, de s'y réveiller réellement libre d'actions et de projets politiques communs. Choses que ne veulent nous accorder les professionnels du pouvoir qui régissent tout de notre existence.

Dans la vie de tous les jours, confieriez-vous votre destinée, celle de vos proches, de vos amis, aux mains d'une poignée d'hommes et de femmes - largement inconnus, toujours les mêmes et dotés des mêmes intérêts personnels – tous individus vous ne connaîtriez que les promesses, les erreurs, la corruption ? Élisons plutôt des femmes, des hommes sociaux qui ont fait leurs preuves ; des gens de paix et de solidarité qui connaissent vraiment les réalités quotidiennes du peuple.

Mais ne leur donnons ni le temps ni les moyens, ni l'envie de se corrompre au contact du pouvoir pour faire en sorte d'en conserver les rênes, une vie durant. Ne donnons jamais de pouvoir à celles et ceux qui y aspirent corps et âme, qui font tout pour l'obtenir, tout

Pour changer de politique il faut changer les élus et réduire le nombre de ceux-ci. Mais il faut d'abord changer la mentalité de leurs électeurs.

Si les idées sont faites pour être discutées, vient un temps pour reconnaître lesquelles nous mènent à l'échec. Commettre une erreur n'est pas grave si elle peut s'avérer formatrice. Dans une idée, en toute opinion, tout n'est jamais totalement bénéfique ou complètement faux. Sans passions ni colère il nous faut apprendre à reconnaître l'ivraie pour ne conserver que le bon grain. Acceptons le dialogue, mais pour nous efforcer d'émerger des débats stériles, des conflits répétitifs pour préférer passer aux actes constructifs, et non pour chercher coûte que coûte à convaincre ou à faire la preuve d'une prétendue « vérité ».

Les évidences silencieuses sont souvent les meilleures preuves de notre bonne ou mauvaise foi. L'école ne nous apprend pas à devenir de réels démocrates pacifistes, des adultes matures, éduqués à l'humanisme, à la non-violence et à la solidarité ; ni à faire de nous des êtres dont la première valeur serait le respect de la vie d'autrui et dans toutes ses formes. Hélas, l’école s’attelle surtout à faire de notre progéniture de splendides et attentionnés consommateurs, de belles légions de comptables, des meutes de publicistes, des cohortes de techniciens, de fonctionnaires et d’efficaces ouvriers taillables et corvéables. Ce qui fait les beaux jours d'un système qui n'a comme finalité que lui-même. Offrons plutôt à nos enfants et à la planète des projets, des acteurs de vie, non des projets, des acteurs mortels.

En politique comme en toute chose, mentir c'est perdre sa lumière. C'est faire d'un astre radieux une planète amère. C'est tout aussi certainement porter atteinte au potentiel des possibles constructifs. La démocratie ne peut avoir droit de cité qu'à la condition qu'elle devienne une volonté sincère, honnête, non une simple incantation. Pour qu'elle ait toute sa valeur, toute personne ayant mandat politique ne devrait pas pouvoir ni le cumuler ni le répéter à l'envi.

De même, en cas de faute grave devrait-il être révocable instantanément, passible de sanctions effectives et définitivement banni de toute prétention ultérieure à la gestion des affaires d'état. Ce qui n'est jamais le cas au sein d'une « démocratie représentative », qui est avant tout un grave oxymore, un habile mensonge parmi tant d'autres que nous devons apprendre à déceler dans le langage politiquement… indécent, révoltant de ceux à qui nous déléguons bêtement notre pouvoir de citoyens.

Qui veut que s'accomplisse ses rêves doit éveiller sa conscience, et une révolte n'est utile qu'à la condition qu'elle ne soit pas récupérée d'une manière ou d'une autre par ceux qui ont tout fait pour qu'elle naisse.

 

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